Equarrissage
En bref
Données macro
L’industrie des « coproduits animaux » consiste à collecter les sous-produits animaux issus notamment des exploitations agricoles, des abattoirs, des ateliers de transformation de viande et des boucheries pour les transformer en farines et graisses. Ces dernières sont soit éliminées (catégories 1 et 2) , soit valorisées, en fonction des réglementations visant à assurer la sécurité sanitaire. Ce secteur s’est structuré au sein du Syndicat des Industries Françaises des COproduits animaux – SIFCO.
Les entreprises membres du SIFCO intègrent :
- Les équarrisseurs (catégories 1 et 2)
- Les transformateurs de sous-produits animaux (catégorie 3 ou alimentaire) ;
- Les abattoirs ayant intégré cette deuxième transformation (membres respectifs des différentes filières : bovin-ovin, porc, volaille).
Au total, environ 3000 salariés sont employés dans ces activités. Les 12 sites de transformation de sous-produits de catégorie 1 et 2 (activité d’équarrissage) et les 37 centres de transfert intermédiaires sont, depuis l’année 1996, totalement dédiés à ces activités et physiquement séparés des centres de valorisation des sous-produits animaux (sous-produits de catégorie 3). (source : Syndicat des Industries Françaises des COproduits animaux – SIFCO).
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Les risques du métier
Risque chimique
Eléments scientifiques et médicaux
Les gaz de putréfaction
La décomposition prolongée des matières organiques produit différents gaz appelés couramment « gaz froids » :
- Les mercaptans, (fiche toxicologique INRS n° 190) : ce sont des gaz lourds et inflammables. Ils dégagent une odeur caractéristique à de très faibles concentrations. En cas d’intoxication aiguë (inhalation), les troubles se traduisent souvent par des céphalées, de la fatigue, des nausées et des vomissements. En cas d’intoxication chronique (inhalation), ils provoquent un effet irritant sur la peau, les muqueuses oculaires et respiratoires. Il existe des valeurs indicatives non réglementaires : une VME indicative est fixée à 0,5 ppm/8H pour le méthanethiol et l’ethanethiol.
- Le sulfure d’hydrogène, H2S (fiche toxicologique INRS n° 32) : il se forme par fermentation anaérobie des substances organiques, c’est un gaz plus lourd que l’air, d’odeur fétide (œuf pourri), extrêmement inflammable. Les premiers signes d’intoxication (dès 100 ppm) sont une irritation des muqueuses oculaires et respiratoires. En toxicité suraiguë (500 ppm) par inhalation, il peut y avoir perte de connaissance, coma, troubles respiratoires, troubles du rythme cardiaque, décès. En toxicité chronique pouvant survenir suite à une exposition répétée à de faibles doses, les signes ne sont pas spécifiques et peuvent se manifester de la façon suivante : céphalées, fatigue, insomnie, perte de libido, troubles de mémoire, irritation oculaire, nausées, anorexie, douleurs abdominales, bronchites irritatives. Il existe des valeurs indicatives non réglementaires : une VLE de 10 ppm/15 min, et une VME de 5 ppm/8H.
Les moyens de prévention
Moyens permettant de limiter l’émission de gaz
- Eviter l’accumulation des matières ;
- Refroidir les matières, réduire les temps de stockage ;
- Examiner l’efficacité des dispositifs aération ventilation ;
- Mettre à disposition des appareils de détection de gaz appropriés (méthane, CO, H2S, O2) et des EPI si nécessaire.
Moyens permettant de limiter l’émission des fumées, gaz et vapeurs de cuisson
Veiller à l’entretien des équipements de travail et des installations (colmatage des fuites pour éviter la production de fumées), au nettoyage des locaux, aux conditions de réalisation des opérations de maintenance et de nettoyage des fours, au bon fonctionnement de la ventilation et à sa vérification régulière.
Moyens permettant de limiter les risques de contamination
- Limiter la production de poussière ou aérosol ;
- Développer la mise à disposition des moyens d’hygiène et d’installations sanitaires ;
- Mise à disposition d’EPI adéquat : masque de protection, cagoules, combinaison, gants, lunettes de protection, etc.…
Textes applicables
Risque chimique
- Code du travail
* Prévention des risques chimiques et CMR : en particulier, dispositions applicables aux agents chimiques dangereux ou CMR : articles R. 4412-1 à R. 4412-75 ;
* Aération et assainissement des locaux : articles R. 4222-1 à R. 4222-26.
- Arrêté du 19 mars 1993 fixant, en application de l’article R. 237-8 du code du travail, la liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par écrit un plan de prévention.
Pour en savoir plus
- « Risques sanitaires liés aux différents usages des farines et des graisses animales et aux conditions de leur traitement et de leur élimination ». Rapport du 7 avril 2001 – AFSSA 2001, Bialec, Nancy, 98 p.
- Risques liés au stockage des farines animales, rapport final, septembre 1997, R.Lödel, INERIS.
- Evaluation des dangers biologiques pour la santé du personnel technique du service public de l’équarrissage – Thèse pour le diplôme d’Etat de Docteur Vétérinaire, Virginie CHARDIN-LIBAUD.


