Exemple de structuration d’un plan d’action (5PA)

Elaboration d’un plan d’action

L’élaboration d’un plan d’action portant sur la prévention de la pénibilité au sein d’une entreprise poursuit trois enjeux majeurs (cf. 2E Rôle et responsabilité de l’entreprise). Elle se concrétise par l’élaboration d’un plan construit, bien entendu, selon les modalités particulières à chaque entreprise. Cependant, afin de faciliter vos démarches, il vous est proposé, non pas un modèle mais un rappel des différents éléments pouvant structurer un plan d’action.

Eléments structurant le plan d’action

 

Objet

Contenu

Moyens

Préambule

 

Le préambule est, en général, le rappel des circonstances et des motivations concourant à l’élaboration du plan.

Il peut traduire la volonté d’engagement de l’employeur ou des actionnaires dans une politique volontariste de réduction de la pénibilité.

Vous pouvez veiller à rappeler les caractéristiques principales des facteurs de pénibilité : a minima ceux prévus par la loi, ceux éventuellement propres à l’entreprise et que vous entendez traiter, voire ceux des établissements qui la composent, voire encore aux familles de métiers qui structurent ses différents secteurs d’activité.

Vous pourrez :
- préciser les enjeux que vous entendez poursuivre en vue de prévenir la pénibilité dans l’entreprise ;
- exposer les motivations pour diminuer les facteurs de risques propres à certains métiers et activités de l’entreprise et pour agir à l’amélioration des conditions de travail.

Vous pourrez :
- vous appuyer sur les études et rapports produits par les institutions de prévention et recommandations des CTN de la CNAM-TS, dans le domaine de la prévention de la pénibilité, pertinents pour votre entreprise..
- vous appuyer sur les études produites par les organisations professionnelles de votre branche, voire l’accord sur la pénibilité conclu par cette dernière.
-vous interroger sur l’opportunité des moyens à engager (enveloppe financière pour des actions, création d’un observatoire, groupes de travail, études, pour réduire la pénibilité au sein du groupe ou de l’entreprise et améliorer les conditions de travail.

Le champ de la pénibilité de l’entreprise

Le champ permet de cerner les facteurs de pénibilité de l’entreprise sur lequel le plan entend agir et à partir desquels des objectifs chiffrés et des indicateurs pourront être fixés.

Il s’agira de caractériser, en fonction de la spécificité du groupe ou de l’entreprise, ses principaux facteurs de risques, en distinguant au besoin les secteurs ou familles professionnelles concernés au sein des différents établissements qui la composent.

Pour identifier les principaux métiers et activités à risque, vous pouvez vous appuyer sur le Document Unique d’évaluation des risques et le découpage par unités de travail (faire lien avec fiches pénibilité)
http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Metiers-et-Activites.html
http://www.travailler-mieux.gouv.fr/IMG/pdf/Outils-guide-interprofessionnels.pdf
http://www.travailler-mieux.gouv.fr/Dangers-et-Risques.html
Inrs.fr
Anact.fr
Oppbtp.fr
Ccmsa.fr

Les priorités de l’entreprise

Le plan d’action a pour priorité de faire émerger les principes, démarches et méthodes valorisant des pratiques de travail préservant la santé des travailleurs.

Le plan devra expliciter les différentes phase d’action de l’entreprise :

- diagnostic préalable : pré diagnostic à partir des documents existants, diagnostic approfondi (repérage des postes objectivement pénibles ou vécus comme tels (cf. Méthodologie outils-âges 95), identification des cibles prioritaires (emplois visés, etc.) ;

- les mesures de prévention (répartir, réduire, prévenir la pénibilité) : prévoir des mesures de prévention des risques professionnels mais les articuler avec le volet « gestion des parcours » et donc les autres dispositions conventionnelles applicables dans l’entreprise (accord GPEC, seniors, stress, etc.), prévoir des mesures qui permettent de réduire immédiatement ou à court terme les effets de la pénibilité mais aussi des mesures de prévention primaire permettant de s’attaquer aux causes.

Vous pouvez initier en priorité et sans délai des démarches de prévention visant (à titre d’exemple) à diminuer les contraintes physiques pesant sur certains métiers et activités, à améliorer les environnements de travail agressifs, à redéfinir des organisations de travail plus conformes aux rythmes biologiques des personnes et, le cas échéant, à agir au delà des facteurs de risques identifiés par la loi.

Il s’agira pour l’entreprise, non seulement de fixer des orientations prioritaires mais également de dégager les moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

  • De même, vous pouvez prévoir et définir des modalités de mise en œuvre de certains dispositifs RH tels que 
    • la gestion des ressources humaines, gestion des âges, formation tout au long de la vie.

 

A titre d’exemple, pour arrêter les principales activités à risque pour lesquels il parait nécessaire de mettre en œuvre un plan d’action prioritaire, vous pouvez déterminer, à partir de la liste ayant servi à délimiter le champ de la pénibilité, les métiers et/ou activités occasionnant le plus grands nombre de lésions reconnues au titre de la maladie professionnelle ou encore les secteurs où l’on recense le plus grand nombre de restrictions médicales décidées par le médecin du travail

Vous pouvez fixer les priorités de l’entreprise en matière de prévention de la pénibilité, développer et combiner plusieurs approches : 
une approche médicale qui permet d’appréhender les caractéristiques des travailleurs, les effets sur leur santé d’une exposition à un risque, ou plus précisément d’un cumul d’expositions à une pluralité de risques,
une approche technique qui permet de prendre en compte les normes, les règles et recommandations quant aux caractéristiques requises des machines, des installations, de l’outillage, des bâtiments, des protections individuelles,
une approche par l’organisation du travail qui va apporter des éléments sur les conditions de réalisation du travail, l’activité de travail, les relations de travail, les savoir-faire de prudence, les représentations des travailleurs par rapport aux risques.
Un lien avec les actions décidées dans le cadre du programme de prévention associé au Document Unique d’évaluation des risques doit être entretenu (il s’agit du programme annuel de prévention soumis au CHSCT, en application de l’article L. 4612-16 du code du travail, dans les entreprises qui en sont dotées / du programme d’action découlant du document unique dans les autres entreprises) .
Outre l’analyse des facteurs de pénibilité énoncés par la loi l’entreprise peut chercher à croiser ces facteurs et d’autres avec les parcours professionnels des salariés.

Les moyens mis en œuvre

Le plan d’action n’a pas simplement pour objet de fixer le cadre dans lequel s’inscrivent les démarches de prévention de la pénibilité envisagées par l’employeur. Il a également pour raison de présenter les moyens techniques, humains et financiers que l’entreprise entend mettre à la disposition des acteurs internes pour leur permettre de lutter contre les facteurs de risques touchant les métiers et les activités de l’entreprise.

Vous pourrez décrire les modalités d’accès, pour les acteurs internes, aux moyens techniques, humains et financiers envisagés.

A titre d’exemples :

  • Création d’un système d’information sur les risques dans les différents secteurs professionnels couvrant l’entreprise,
  • Analyse démographique des populations au travail et des parcours professionnels
  • Elaboration d’une campagne de communication portant sur les risques professionnels de l’entreprise,
  • Constitution d’un partenariat avec les structures dont la raison sociale est la prévention des risques,
  • Elaboration d’un plan de formation à la sécurité et à la prévention des risques,
  • Dotation de moyens spécifiques au CHSCT permettant de proposer des améliorations portant sur les conditions et organisation du travail au sein de l’entreprise, et de faire de la veille en matière de prévention,
  • Accès aux différents sites d’informations sur l’amélioration des conditions de travail,
  • Constitution au sein de l’entreprise d’un fonds de sécurité pouvant abonder les fonds publics ad hoc
  • ……

Les modalités de mise en œuvre et de suivi du plan

Le plan d’action doit préciser le cadre et les conditions de sa mise en œuvre.

Vous devrez :
- prévoir des modalités de suivi et de pilotage du plan ;
- définir les indicateurs retenus pour assurer le suivi de l’effectivité de l’accord.

A titre d’exemple :

  • Mise en place d’un plan de communication et de diffusion multi support,
  • Mise en place d’une commission de suivi et de reporting (au sein d’une commission du CE, du CHSCT ou d’un groupe de travail ad hoc)
  • Définition d’un calendrier.
  • Indicateurs possibles : nombre de postes ayant fait l’objet d’un aménagement ou d’une adaptation, nombre de salariés soustraits à un facteur de pénibilité, nombre de postes pénible supprimés, nombre de postes équipés d’un dispositif de captage, nombre de salariés ayant bénéficié d’une formation, d’un entretien, d’une mesure d’allègement, réduction de l’absentéisme, du turn-over, etc.

La durée du plan d’action

La durée maximale du plan d’action est déterminée par la loi.
Cependant, vous pouvez prévoir des modalités intermédiaires de de mise à jour du plan.

Modalités périodiques de mise à jour du plan.
L’objet n’est pas de le remettre en cause de manière systématique mais de permettre d’intégrer les évolutions constatées en matière de lutte contre la pénibilité,.

A titre d’exemple, un plan d’action peut prévoir des modalités périodiques de mise à jour (ex : tous les ans) ou au regard d’événements particuliers (réorganisation, déménagement, etc.), devant la commission spécialisée du CE, du CHSCT ou le groupe de travail ad hoc mis en place lors de l’élaboration du diagnostic et du plan).

Il convient de rappeler que certains accords d’entreprises couvrent totalement ou partiellement certains de ces thèmes (par exemple : l’accord senior, l’accord de GPEC, accord sur la formation professionnelle, accord RPS…). Le mieux est de chercher à consolider ces accords au regard de la problématique propre à la prévention de la pénibilité, plutôt que d’introduire dans le plan portant sur la prévention de la pénibilité des modalités particulières de mise en œuvre de ces thèmes.