L’entreprise URVOY : Une action innovante de réduction à la source des nuisances sonores

Exemples de bonnes pratiques

Récompensée dans le cadre du concours des bonnes pratiques de l’Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail de Bilbao, l’entreprise URVOY (PME du BTP de 60 salariés, située dans le département des Côtes d’Armor) a développé une solution de prévention innovante prenant appui sur l’expérience des salariés de l’entreprise et concertée dans le cadre du Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Cette initiative porte sur l’installation d’un dispositif de protection collective en matière de lutte contre le bruit qui a permis de réduire très significativement le facteur de risque en diminuant l’exposition sonore initiale estimée à 103 dB (A) -donc très au-dessus du seuil d’alerte réglementaire de 85 dB (A)- de 20 db (A), la ramenant ainsi en-dessous de la norme admise. La mobilisation des institutions de santé et de sécurité au travail (INRS, CARSAT) pour développer, réaliser l’idée et y apporter les améliorations nécessaires a été particulièrement efficace.

Problème

La société URVOY assure la fabrication de cuves en béton.

Le principe de production consiste tout d’abord à faire couler du béton dans un moule et ensuite à faire vibrer l’ensemble. Les moules sont déposés avec un pont roulant sur des poutres métalliques revêtues sur les surfaces d’appui de matériaux amortissants, communément appelés dans l’entreprise « chevalets ». Sous chacun de ces chevalets sont fixés 2 vibrateurs qui, en fonctionnement, excitent l’ensemble du système constitué.

Les nuisances sonores générées par cette activité sont extrêmement sévères puisque sur certains moules et sur plusieurs cycles de production, il a été relevé des niveaux de pression sonore au poste de travail de 111 dB(A). L’exposition sonore quotidienne estimée à partir de ces mesures est de 103 dB(A).

Les salariés affectés à ces postes ainsi que ceux travaillant dans l’environnement proche sont ainsi exposés à des risques évidents de surdité.

Aucune action à la source connue et pérenne n’avait jusqu’alors pu être mise en œuvre pour diminuer sensiblement le niveau de bruit au poste de travail.

En outre, l’encombrement des zones de travail, la manutention des moules, et surtout les temps de cycles de production de très courte durée limitaient les actions traditionnelles de lutte contre le bruit (capotage acoustique ou isolement des salariés pendant les phases bruyantes).

Solution

Conscient des nuisances sonores engendrées par l’activité, le technicien de maintenance mécanique de l’entreprise a imaginé une fosse dans le sol remplie d’eau dans laquelle seraient installés tous les équipements nécessaires à la vibration des moules. Cette idée, défendue auprès de la direction de l’entreprise, a été acceptée et mise en œuvre avec le soutien du CHSCT et des utilisateurs.

Les essais ont immédiatement permis de constater une nette diminution des niveaux de bruit au poste de travail. L’optimisation des conditions de remplissage de la fosse s’est faite au fur et à mesure de l’utilisation de cette nouvelle installation pour satisfaire au triple critère de la diminution du niveau de bruit, de la qualité des cuves produites et du maintien des temps de production.

Les résultats de mesure du dispositif (centre de mesures physiques de la CARSAT et INRS) ont mis en évidence une diminution du niveau de pression sonore de 20 dB(A).

La solution a été généralisée à toute l’entreprise.


Photographie 1 : Situation initiale - Vue générale d’un moule en phase de vibrations


Photographie 2 : Situation finale – Vue générale d’un moule 4000 l dans une fosse remplie d’eau


Photographie 3 : Vue détaillée d’une fosse remplie d’eau dans laquelle a été déposé un moule


Schéma : Coupe transversale d’une installation modifiée


Photographie 4 : Vue d’une fosse asséchée