Recueil de citations entendues lors des auditions du Pr. William Dab
Réseau Francophone de Formation en Santé au Travail (RFFST)
Recueil de citations entendues lors des auditions du Pr. William Dab
VERBATIM
Recueil de citations entendues lors des auditions du Professeur William Dab qui démontrent combien il est urgent de former les cadres à la santé au travail…..
En forme de résumé : quelques phrases fortes entendues au cours des auditions
Un constat sévère
On ne fait pas de la santé – sécurité quand on a fini de faire le reste ; la santé est plaquée dans la vie quotidienne des entreprises.
On a loupé l’amiante, il ne faut pas louper le stress.
C’est quand l’entreprise rigidifie trop ses procédures qu’elle perd sa capacité d’adaptation et que les travailleurs sont mal ; le stress, c’est une pathologie de l’adaptation.
Un changement de logique
Il est temps de réaliser que la santé au travail n’est pas qu’une question de texte réglementaire ni qu’un problème de comportements individuels.
Il faut passer d’une logique d’obligation à une logique de conviction.
La difficulté, c’est qu’on manque de connaissances sur les relations entre l’organisation du travail et la santé des travailleurs.
Avant de parler de santé au travail, il faudrait d’abord apprendre à comprendre le travail.
Il faut prendre en compte à la fois l’homme et l’organisation.
Le problème, c’est que le travailleur n’est plus au coeur du travail.
Toute la question, c’est comment sortir d’un système déresponsabilisant pour allier performance et respect de l’homme.
Aujourd’hui, on gère les indicateurs économiques, pas les hommes.
On trouve aujourd’hui de jeunes cadres ignorant ce qu’est un syndicat.
Il a fallu la mort d’un cadre à la descente d’un avion pour que les dirigeants acceptent que la fatigue doive être prise en compte.
C’est en réalisant qu’un collègue avait failli mourir que j’ai compris l’importance de la prévention ; cela m’a marqué à vie.
Les organisations ont tendance à rejeter la faute sur les personnes, mais il faut une vision systémique.
Les managers sont aussi des travailleurs ; les cadres souffrent aussi.
Le rôle de la formation
Pendant longtemps, la preuve de la compétence, c’est qu’on était odieux avec ses collaborateurs.
Sous prétexte qu’on est le meilleur pour résoudre les équations à 17 ans, on est censé ne plus jamais faire d’erreur au cours de sa vie professionnelle.
Les étudiants sont aussi exposés à des dangers : en tient-on toujours compte ?
N’oublions pas que c’est lorsque l’on est jeune que l’on prend le plus de risques.
Il est difficile de demander aux jeunes de se préoccuper de la prise en charge des autres alors qu’ils ont tant de mal à se prendre en charge eux-mêmes.
Les enseignants des classes préparatoires utilisent le stress comme mode d’apprentissage, créant un modèle qui ne demande qu’à se reproduire.
Il faudrait emmener tous les étudiants une journée au tribunal correctionnel. Cela vaut tous les cours théoriques sur la responsabilité.
Le référentiel, ce n’est pas l’essentiel : comment le fait-on vivre, comment se l’approprie-t-on ?
Si on ne fait qu’intégrer la santé au travail dans les autres matières, ce ne sera pas évaluable.
Pour un nouveau management
Pour un ingénieur, cesser d’être expert pour devenir quelqu’un qui fait faire, est une forme de deuil. C’est là que la formation doit venir en appui.
Le service militaire était aussi une école de vie et d’ouverture aux autres. Il n’a pas été remplacé.
On raccourcit de plus en plus le temps entre la sortie de l’école et le rôle d’encadrement, donc il faut préparer les jeunes à cette prise de responsabilité.
C’est le travail malade qui rend l’homme malade.
Il faut moins de gestion de la ressource humaine et plus de gestion humaine des ressources

