Scieries

En bref

Données macro

Scieries : usines ou ateliers dans lesquels est effectuée la transformation de bois ronds (portions de troncs d’arbre appelées grumes, billes ou billons selon leur longueur) en produits sciés dont le nom (planche, volige, chevron, bastaing, poutre, latte, baguette, frise…) varie selon les dimensions, les essences ou encore les usages. Les scieries sont parfois liées à une exploitation forestière mais doivent être géographiquement installées sur des lieux distincts des coupes pour pouvoir conserver l’appellation « scieries ».

D’après les chiffres de l’Observatoire du métier de la scierie, 2106 scieries, d’origine familiale pour la plupart, étaient implantées en France en 2005. Bien que les scieries soient de tailles très variables, elles restent majoritairement des entreprises familiales : 67% des établissements recensés employaient ainsi moins de 19 salariés. La moitié de la production française était localisée dans treize départements situés sur un axe qui relie l’Aquitaine à l’Alsace.

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Les risques du métier

Statistiques accidents du travail

En 2006 [1], 1792 accidents du travail avec arrêt (durée moyenne de l’arrêt : 57 jours) ont été répertoriés par la MSA dans les scieries du régime agricole. 17% d’entre eux étaient des accidents graves. L’étude de l’évolution du nombre d’accidents depuis 1996 montre que celui-ci diminue petit à petit : en 2000, 2463 accidents avaient ainsi été déclarés, soit 671 de plus qu’en 2006.

En 2006, 506 accidents du travail avec arrêt ont été répertoriés par la CNAM dans le secteur des scieries dépendant du régime général, en y rajoutant les prestations de services, abattage et coupe de bois dans les DOM et fabrication de bois à usage domestique. De part l’élargissement du secteur considéré, il est évident que les résultats présentés seront moins précis et moins caractéristiques des risques présentés par la MSA dans les scieries agricoles. Toutefois, l’exploitation de ces chiffres permet de donner un certain nombre d’informations intéressantes. Ainsi 51% des salariés victimes d’accidents de travail dans le secteur « élargi » des scieries du régime général sont des ouvriers qualifiés et 39,5% des ouvriers non qualifiés. Les tableaux suivants répertorient les statistiques sur les accidents du travail à partir des données de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie datant de 2006.

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Les moyens de prévention

Risques « généraux ».

Risques de chute et de glissade liés aux déplacements

  • Installer un sol antidérapant, en particulier à l’occasion d’un projet de réaménagement ou de construction de nouveaux locaux notamment au voisinage des procédés effectués à l’humide (ex : écorçage).
  • Mettre en place des systèmes de nettoyage rapide pour évacuer le plus vite possible les sciures et déchets de bois répandus sur le sol près des machines à bois malgré les systèmes de captage des poussières à la source.
  • Mettre en place des rambardes sur les passerelles le long de la chaine de production ou en hauteur.

Risques liés aux manutentions et postures contraignantes

  • Utiliser des aides à la manutention notamment les convoyeurs, les bandes transporteuses ou encore les chariots élévateurs pour le transport et l’empilage des grumes et des éléments sciés dans les zones de stockage. Dans les parcs à grumes, favoriser l’utilisation d’agents automoteurs munis de pince ou de chariots à grue sur pince par exemple.
  • Favoriser les stations de tri automatiques pour remplacer les « chaînes de tri » manuelles.

Lésions cutanées liées aux échardes.

  • Mettre à disposition des gants adaptés pour éviter le contact de la peau de l’opérateur avec le bois.

 

 

 

 

Risques incendie/explosion : Toute poussière organique mise en suspension en quantité suffisante dans un espace confiné (nuage ou fin dépôt de poussières de bois) peut provoquer des explosions et des incendies.

 

 

 

 

 

 

 

 

Risques incendie/explosion (suite) : Toute poussière organique mise en suspension en quantité suffisante dans un espace confiné (nuage ou fin dépôt de poussières de bois) peut provoquer des explosions et des incendies.

 

 

 

 

 

 

 

Risques incendie/explosion (suite) : Toute poussière organique mise en suspension en quantité suffisante dans un espace confiné (nuage ou fin dépôt de poussières de bois) peut provoquer des explosions et des incendies.

 

 

 

  • Règles générales.
  • Favoriser l’écorçage du bois de façon à diminuer les émissions de poussières tout au long de la chaîne de production.
  • Privilégier la conservation des bois sous arrosage, plus tendres, ils permettent des vitesses d’avancement plus élevés et une diminution du niveau d’empoussièrement des ateliers.
  • Envisager l’abattage humide des poussières par pulvérisation haute pression par exemple afin de faciliter la collecte des poussières par captage ou par gravité ou par brumisation dans l’atmosphère des atelier afin d’accélérer leur sédimentation.
  • Vérifier la qualité des grumes introduites dans les machines : la présence de grenaille de fer à l’intérieur de celles-ci peut engendrer un échauffement par frottement lors du sciage et déclencher un incendie/explosion des poussières présentes au niveau de la machine.
  • Limiter au maximum les quantités de déchets de bois dans l’atelier et dans les lieux de stockage (parcs à grume ou à sciage par exemple).
  • Réaliser le zonage ATEX (Atmosphères Explosives) dans toutes les zones dans lesquelles des explosions de poussières de bois sont susceptibles d’avoir lieu.
  • N’utiliser que des appareils électriques adaptés aux zones ATEX repérées (pour ne pas engendrer de départ d’incendie ou d’explosion causée par une défaillance électrique d’un appareil/machine non adaptée).
  • Mettre en place un revêtement de sol anti-électrostatique.
  • Au niveau des machines fixes :
    • Optimiser le choix du couple vitesse d’avance du bois/vitesse de rotation de l’outil pour contrôler la géométrie des copeaux et générer moins de poussières. L’asservissement de la variation de la vitesse de rotation de l’outil à la vitesse d’avance du bois permet cette optimisation du procédé.
    • Utiliser des dents de scies de petite largeur qui demandent une plus grande maintenance des outils de coupe mais qui permettent également une réduction de la quantité de sciures et de poussières produites.
    • Permettre un captage des poussières à la source, sur chaque machine.
    • Veiller à relier les tuyauteries d’aspiration des poussières à la terre pour empêcher toute accumulation de charges électrostatiques.
    • Eviter au maximum le recyclage de l’air et favoriser le rejet de l’air à l’extérieur.
    • Si le rejet est fait à l’extérieur, mettre en place un système de compensation de l’air extrait (en hiver, cet air doit être réchauffé avant être introduit dans l’atelier).
    • Si, pour des raisons économiques, le recyclage doit être envisagé, ne rejeter l’air épuré qu’après passage dans un dépoussiéreur adapté (placé à l’extérieur ou dans un local à part) et muni d’un système de contrôle de la concentration résiduelle en poussières (interdiction de dépassement de la valeur limite de 1 mg/m3 (cf Partie Risque Chimique/ poussières de bois).
  • Au niveau des machines portatives :
    • Mise en place de dispositifs de captage intégrés à la conception et reliées à une aspiration spécifique (utilisation d’un aspirateur mobile ou d’une installation spécialement adaptée constituée d’une centrale d’aspiration à haute pression placée dans un local à part et reliée au machines portatives aux moyens d’un réseau collecteur équipé de bouches de raccordement obturables et flexibles).
    • Même remarques pour le rejet à l’extérieur/recyclage que pour les machines fixes.

 

  • Au niveau du nettoyage des locaux et/ou des machines.
    • Lors du nettoyage des locaux et/ou des machines, limiter au maximum l’utilisation du balai ou de la soufflette qui remettent les poussières en suspension dans l’air en donnant naissance à une atmosphère potentiellement explosible : favoriser donc l’utilisation d’aspirateurs adaptés.
    • Il ne faut pas oublier de nettoyer régulièrement les locaux abritant les parcs de sciage qui peuvent être également fort empoussiérés de part :
      • La présence de poussières collées aux débits qui sont remises en suspension lors des chocs.
      • La pollution provenant des machines de sciage lorsqu’elles sont présentes dans le même local.

Utilisation de rayons X ou de rayons laser (pour instruments de repère et guide de coupe).

  • Mettre en place des panneaux d’avertissements pour signaler les zones à risque et empêcher la circulation dans ces zones (mise en place de barrières de protection par exemple).

Bruit
Ordre de grandeur : le niveau sonore global d’une scie circulaire ou d’une scie à ruban est de 91 dBA, soufflette 115 dBA. Outre le bruit causé par le fonctionnement des différentes machines, l’entrechoquement des grumes sur les convoyeurs, dans les écorceurs ou dans les trieuses par longueur est également générateur d’un bruit important.

  • Isoler les machines de coupe et autres machines bruyantes dans des locaux insonorisés.
  • Utiliser des matériaux absorbants le son en entrée et en sortie des machines.
  • Construire des écrans en matériaux insonorisant au voisinage des machines bruyantes.
  • Abaisser le volume sonore des scies circulaires tournant à vide en installant des lames à denture de forme adéquate ou en ajustant la vitesse de rotation.
  • Mise en place de roues support en caoutchouc et rembourrage des parois intérieures des tambours des écorceuses avec des tampons en caoutchouc.
  • Prévoir un local insonorisé pour la commande et le contrôle de la machine avec un système vidéo pour réduire les durées de travail de l’opérateur au voisinage de la machine.
  • Après la mise en place de toute les mesures d’insonorisation à la source et si les volumes sonores sont toujours trop élevés, envisager :
    • La pose de matériaux insonorisants sur les murs et les plafonds pour réduire la réflexion du son sur les parois, sols et plafond.
    • Mise à disposition d’équipements de protection auditive adaptés.

 

Température excessive (plus de 60° près de certaines machines ou près des séchoirs à bois)

  • Mettre à disposition de l’eau réfrigérée.
  • Former à la conduite à tenir en cas d’hyperthermie et aménagement des horaires de travail pour permettre des périodes d’acclimatation et de repos.
  • isoler autant que possible les opérateurs dans des salles de contrôle climatisées, isolées phoniquement et les protégeant des produits chimiques, de l’humidité et des vibrations.

Humidité

  • isoler autant que possible les opérateurs dans des salles de contrôle climatisées, isolées phoniquement et les protégeant des produits chimiques, de l’humidité et des vibrations.

Vibrations

  • Vérification régulière des scies pour s’assurer qu’elles n’ont pas de dents cassées, de fissures ou d’autres défauts et qu’elles sont bien équilibrées.
  • isoler autant que possible les opérateurs dans des salles de contrôle climatisées, isolées phoniquement et les protégeant des produits chimiques, de l’humidité et des vibrations.

Risques liés aux machines

Règles générales pour toutes les machines utilisées dans les ateliers de sciage du bois : écorceurs, scie de tête, scie circulaire, scie à ruban, scies alternatives, slabbers, canters, déligneuses, scies à ébouter, raboteuses, raboteuses-dresseuses, moulurières, déchiqueteuses.

Risques d’entrainement au niveau des angles rentrants des machines à bois (engrenages, courroies, chaines, pignons) …

 

Risques d’entrainement au niveau des angles rentrants des machines à bois (engrenages, courroies, chaines, pignons)(suite) …

  •  Conception de la machine de façon à permettre une distance suffisamment importante entre les éléments mobiles et fixes pour empêcher l’entrainement de l’opérateur dans les mécanismes de la machine.
  • Rendre inaccessible par la mise en place de protection des zones de convergence et d’enroulement résiduelles par des protecteurs, des barres de protection, des clôtures de protection, des carters…
  • Asservir le fonctionnement de la machine à bois à la mise en place adéquate des protecteurs (interdire toute mise en marche dans des conditions où les zones dangereuses ne sont pas totalement protégées).

 

 

 

 

Risques de coupures au niveau des outils tranchants des machines à bois (scies, lames…) …

 

 

 

 

 

Risques de coupures au niveau des outils tranchants des machines à bois (scies, lames…) (suite)…

  • Lors de l’utilisation des machines :
    • Conception de la machine de façon à permettre une distance suffisamment importante entre l’opérateur et les outils tranchants, de façon à ce qu’il soit impossible pour le travailleur de rentrer en contact avec ceux ci.
    • Mise en place de protecteurs (carters…) pour rendre la zone dangereuse inaccessible.
    • Asservir le fonctionnement de la machine à bois à la mise en place adéquate des protecteurs (interdire toute mise en marche dans des conditions où les zones dangereuses ne sont pas totalement protégées).
    • Faire en sorte que les mises en marche des machines soit volontaires en remplaçant par exemple tous les interrupteurs à deux positions par un organe de commande à impulsion.
    • Mettre en place un arrêt d’urgence qui permette d’arrêter la machine dans un délai plus court que l’arrêt normal (en cas d’accident). De même, faire en sorte que l’ordre d’arrêt soit prioritaire par rapport à l’ordre de mise en marche.

 

  • Lors du nettoyage des machines :
    • Préférer les dispositifs de nettoyage automatique.
    • En cas d’impossibilité de mise en place de ces systèmes de nettoyage automatique : favoriser des dispositifs manuels qui ne nécessitent pas de s’approcher trop près ou de rentrer en contact avec les éléments dangereux de la machine (appareils à air comprimé par exemple).
    • Mettre en place des notices précises et simples de compréhension pour décrire les opérations à effectuer et limiter les risques : s’assurer notamment du verrouillage et de l’arrêt des machines lors des phases de nettoyage et/ou de maintenance.
  • Lors de la maintenance des lames (réaffutage, remplacement…) :
    • Définition dans une notice d’instruction pour le remplacement des outils de coupe et mise à disposition des équipements de protection individuelle. pour prévenir les coupures : chaussures ou bottes de sécurité et gants adaptés pour prévenir le risque de coupure.
    • Transport des éléments dangereux (tranchants, coupants)… dans des caissons de transport adaptés.
    • Préférer l’utilisation de couteaux/lames… pour lesquels il n’est pas nécessaire d’enlever le cache lame pour effectuer leur remplacement.

 

 

Risques de projection de grumes / de déchets / copeaux de bois.

 

 

 

Risques de projection de grumes / de déchets / copeaux de bois.(suite)

  • Mettre en place de dispositifs anti rebond sur les machines (notamment sur les scies circulaires et dans les écorceuses) pour éviter que le bois bloqué soit éjecté.

 

  • Sur les écorceuses, mettre en place des protections interceptrices prenant en compte des éjections à vitesse élevée et avec des angles différents pour empêcher les risques de lésions au niveau de l’éjection du tambour et de la zone d’alimentation de la machine.
  • Sur les écorceuses ou les déchiqueteuses : mettre en place des couvercles verrouillés.
  • Mettre en place des panneaux en verre de sécurité ou dans une matière analogue entre les opérateurs et les zones de coupe.
  • Prévoir un local insonorisé pour la commande et le contrôle de la machine avec un système vidéo pour réduire les durées de travail de l’opérateur au voisinage de la machine.
  • Mettre à disposition des lunettes, des casques et des chaussures de sécurité.
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Textes applicables

Code du travail

- Notamment partie IV

Normes

- Norme NF X 43-257 : Prélèvement individuelle de la fraction inspirable de la pollution particulaire (norme fixant les règles pour la vérification du non-dépassement de la VLEP associée aux poussières de bois)

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Pour en savoir plus

INRS

- Bochure Poussières de bois. Guide de bonnes pratiques dans le secteur des scieries INRS ED 6029

- Guide méthodologique INRS ED.841. Conception des dispositifs de captage sur machines à bois.

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Sources

- Document d’études de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) n°109, Mars 2006 : Résultats de l’enquête SUMER 2003 sur les expositions aux risques professionnels par secteur d’activité.

- Base de données ARIA du BARPI (Bureau d’Analyse des Risques et Pollutions Industrielles) qui répertorie un certain nombre d’accidents ayant eu lieu dans les industries du secteur papetier.

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