Poseur de sol

Les risques du métier

Statistiques maladies professionnelles

Les maladies professionnelles accompagnant cette activité sont variées :affections des membres supérieurs, affections des genoux, affections du rachis lombaire, allergies respiratoires et autres affections liées à l’utilisation des colles (isocyanates, époxy, solvants organiques).

Risques inhérents aux lieux de travail

La pose de revêtement de sol peut se faire dans des locaux habités ou dans des locaux encore en travaux (bâtiments en construction ou en réhabilitation) avec alors un risque lié à la co-activité. Il importe d’analyser les risques liés aux circulations et de prévoir les incidences liées à la coactivité entre les entreprises. Ces locaux sont divers et variés : il peut s’agir de pièces de logement ouvertes sur l’extérieur, de pièces en sous-sol, de locaux techniques fermés dans des industries…. La pose de revêtement de sol se fait à l’abri des intempéries.

Principaux risques inhérents aux tâches

Le port de charges est important lors de la mise en place du chantier (colles, revêtements, outillage, aspirateur, …). Si le chantier comporte une préparation (retrait des sols en place, ragréage), il y a aussi manutention de charge (matériel de décapage, déchets, produits et matériel de retrait des sols, sacs de ragréage). Une grande partie du travail s’effectue à genoux, avec des déplacements fréquents à genoux ou glissés sur les genoux. Ces contraintes posturales et ces sollicitations sont facteurs de troubles musculo-squelettiques (tableau n° 57, 79 et 98 des maladies professionnelles). La préparation du support nécessite en général un dépoussiérage au balai ou à l’aspirateur (à privilégier). Il peut aussi être nécessaire de nettoyer plus profondément, de décaper, poncer ou gratter le support au moyen de raclette ou de raboteuse à béton. Le décapage peut aussi se faire par utilisation de décapants chimiques. L’ancien revêtement peut aussi être enlevé manuellement ou à l’aide de machine à décoller la moquette (action d’un solvant couplée à une lame). Les produits chimiques mis en œuvre sont susceptibles d’être dangereux pour la santé et la sécurité des utilisateurs. Le rabotage du béton peut s’accompagner d’une exposition aux poussières de silice potentiellement dangereuses pour la santé. NOTA : cette activité de préparation du support peut conduire le poseur de revêtement de sol à être en contact avec de l’amiante contenue dans les dalles de sol, les colles, les ragréages. Il convient de vérifier l’absence d’amiante dans les supports avant de commencer les travaux. La préparation peut aussi comporter l’application d’un enduit de ragréage (ciment). Sur les supports poreux, l’application préalable d’un primaire d’accrochage peut être effectuée. Il est composé de solvants et polychloroprène. Cette opération présente des risques spécifiques dont il faut tenir compte. La posture est aussi contraignante. Le revêtement de sol est fixé en général par une colle qui doit être étalée à l’aide d’une spatule. Cette colle est à base d’époxy, polyuréthane, acrylique ou vinylique et contient des solvants. Cette opération comporte des contraintes posturales et des risques pour la santé et la sécurité des utilisateurs liés à la colle. Après un « temps de gommage », le revêtement de sol peut être étendu à coup de genou ou au moyen d’un tendeur à levier actionné avec le genou (en tapant) avec ajustement au cutter. Cette opération comporte des contraintes posturales et des risques de coupure. Les dalles vinyliques peuvent être préalablement chauffées au chalumeau. Cette opération nécessite de bien aérer le local et comporte un risque de brûlure. Sur certains revêtements un produit protecteur peut être appliqué à la main ou à la machine (contraintes posturales).

Le travail d’installation de revêtements type parquets (bois dur, bois exotiques, lamellés-collés, contre-plaqués) est sensiblement différent même s’il comporte des mêmes contraintes physiques (port de charge, travail à genoux). Les parquets peuvent être installés suivant plusieurs méthodes selon leur nature : collés, agrafés ou cloués sur tasseaux. La pose de parquet nécessite des découpes d’ajustement, avec risque d’inhalation de poussières de bois, coupures et diverses blessures aux mains. L’activité peut comporter aussi un ponçage du parquet à l’aide d’une ponceuse autoportée avec finition par ponçage à la main le long des plinthes (bordureuse, papier de verre). La finition du parquet peut nécessiter de le vitrifier ou de l’huiler. Cette opération comporte des contraintes posturales et des risques liés à l’utilisation des vitrificateurs ou des huiles de traitement. La finition du chantier comporte la pose de plinthe et de nez de marche collés ou cloués ainsi qu’un nettoyage final à faire de préférence à l’aspirateur. Le nettoyage des outils se fait en général à l’aide de chiffons imprégnés de solvants ou diluants.

Principaux risques inhérents aux produits

Les risques spécifiques à l’utilisation des produits doivent être connus, à partir de l’étiquetage et des fiches de données de sécurité et les opérateurs doivent être formés aux risques définis par ces fiches. Ils doivent avoir à disposition des équipements de sécurité tels que définis par les fiches de données de sécurité. Les fiches de données de sécurité doivent être obligatoirement transmises par le fournisseur. Les risques liés aux produits chimiques sont de deux ordres : risques pour la santé des opérateurs et risque pour leur sécurité (risque d’incendie ou d’explosion). La plupart des produits utilisés dans le métier de poseur de sol (colles, primaire d’accrochage, vitrificateurs) comportent une part de solvants dans leur composition. Les solvants peuvent avoir des effets à plus ou moins long terme sur la santé en fonction de leur nature exacte et de leur proportion dans le produit (tableaux n° 51, 62, 66 A, 82, 84 des maladies professionnelles). Aussi, il est important d’avoir la fiche de donnée de sécurité de chacun des produits. Certains solvants ont des effets par inhalation, aussi il convient de bien aérer et ventiler le local de travail voire de porter un masque respiratoire. D’autres solvants ont des effets par contact avec la peau et le port de gants de protection est alors recommandé. Un autre risque lié à ces solvants est le risque d’incendie et d’explosion des vapeurs qui se dégagent lors de leur utilisation, dès lors que les quantités de vapeurs sont en concentration suffisante dans un espace confiné et qu’une source d’inflammation est présente. Des accidents se sont fréquemment produits sur des chantiers. Par exemple lors d’une phase d’étalement d’une colle néoprène sur une surface de quelques mètres carrés dans un logement privé, une explosion s’est produite lorsque le thermostat du radiateur électrique de la pièce s’est mis en marche. Les autres composants des colles, des primaires d’accrochage et des vitrificateurs (résines époxy, résine urée-formol, polyuréthane, isocyanates, …) ont des effets qui peuvent être graves pour la santé des opérateurs (tableau des maladies professionnelles n°62) : allergies respiratoires (asthmes) ou cutanées (eczémas), irritations cutanées, respiratoires ou oculaires. La polymérisation des colles polyuréthane s’accompagne de l’émission de formaldéhyde présentant un risque d’allergie (tableau n°43 des maladies professionnelles). Certains produits de décapage (bases telles que soude ou ammoniaque) peuvent être corrosifs pour la peau et les yeux en cas de contact. Ils peuvent provoquer des irritations respiratoires et oculaires plus ou moins graves en fonction de la concentration atteinte dans l’air. Le ciment utilisé pour le ragréage peut provoquer des irritations et des dermatoses, des brûlures cutanées et des allergies du ciment (tableau n°8 des maladies professionnelles). Les opérations de ponçage de sols émettent des poussières, notamment de silice qui sont susceptibles de provoquer des maladies respiratoires (tableau n° 25 des maladies professionnelles). Les poussières de bois mises en suspension lors du ponçage peuvent provoquer des réactions allergiques, des irritations de la peau, des muqueuses et des voies respiratoires supérieures. A long terme il peut y avoir une diminution des capacités respiratoires et des risques de cancer de l’ethmoïde (zone des sinus ; tableau n° 47 B des maladies professionnelles). Si les lattes de parquets posées sont en matériaux composites, elles sont susceptibles d’émettre du formaldéhyde qui est sensibilisant. La présence d’amiante ou de matériaux en contenant comporte un risque important pour la santé si les travaux effectués risquent de mettre des fibres d’amiante en suspension : risque de cancer broncho-pulmonaire (tableau 30 et 30 b des maladies professionnelles). Il convient de vérifier la présence d’amiante avant d’effectuer des travaux de retrait, ponçage ou percement et d’effectuer une évaluation préalable des risques.

Principaux risques inhérents aux équipements de travail

Risques de coupures lors de l’utilisation des scies portatives, cutters et autres outillages à main. Risque d’abrasion accidentelle lors de l’utilisation de ponceuse autoportée ou à main. Risque liés au bruit avec les diverses machines (ponceuse, ponceuse à main, scie, aspirateur, …) (tableau n° 42 des maladies professionnelles). Chalumeau : risque de brûlure thermique, risque d’intoxication en cas de mauvais réglage du brûleur. Autres risques : Risque d’explosion des poussières de bois mises en suspension en quantité suffisante dans un espace confiné (nuage de poussières). Risque routier lors de l’accès au chantier. Risque travailleur isolé (sur les chantiers privés) et risque co-activité avec les entreprises intervenantes d’un même chantier (au moins sur les accès au lieu de pose du revêtement de sol).